L’Ecole d’Avignon, une structure originale
Créée en 1983, l’Ecole d’Avignon est administrée par trois collèges : les représentants de l’Etat, les collectivités territoriales, les professionnels.
Elle a pour mission la conservation et la réhabilitation du patrimoine architectural qui se déclinent en deux axes stratégiques :
1- La formation, via la création d’un lieu permanent de ressources, d’expertises et d’études, pour tous les intervenants et partenaires de la décision, de la conception et de l’exécution dans le domaine de la restauration et de la réhabilitation du patrimoine bâti ; l’École d’Avignon par l’originalité de ses formations techniques a pour vocation d’être un centre de réflexion, de documentation et de renouvellement pédagogique ; une activité de recherche et d’application des innovations y sont développées, notamment dans le but de sauvegarder les savoirs et savoir-faire menacés de disparition,
2- Les études et expertises techniques à destination des maitres d’ouvrages publics et/ou privés.
Ces deux axes s’exercent au niveau national et international.
Les grandes étapes de sa réflexion :
A plus de 90 %, le parc bâti ancien est le fruit d’une architecture des hommes de métier. Son patrimoine est dans l’éventail des solutions d’adaptation, formelles, techniques, utilisant les seuls matériaux locaux et bon marché que les constructeurs ont mis au point pour produire une architecture sans architectes ; il est le chemin parcouru entre le modèle savant, académique, et l’expression en multiples variantes locales d’une construction truffée de valeur ajoutée : comment produire un habitat digne, c’est-à-dire empreint d’une culture architecturale digérée, avec de petits budgets et sans matériaux nobles. Ce parc témoigne de la création d’un langage propre, monde riche de la variété des factures des maçons, qui est l’armature de nos centres anciens des villes et villages. Intervenir sur ce fond, c’est caractériser un patrimoine « sans papiers ».

La réhabilitation est un marché mais pas encore une discipline. Pourtant entretien et amélioration sont bien des actes d’architecture qui mobilisent au-delà de la simple technicité, ils s’inscrivent dans l’œuvre, sa globalité, en cohérence avec le tout. En cela, le sujet est national. En même temps, matériaux, techniques, savoir-faire sont des réalités qu’il faut apprécier localement, dans leurs variantes : en cela le sujet est territorial.
La formation des actifs est à concevoir comme un service rapproché. Il doit pouvoir s’ancrer sur le territoire même de l’exercice professionnel des acteurs. L’outil de formation de perfectionnement doit être mobile, à géométrie variable, doit pouvoir reconstituer une culture technique partagée entre services des collectivités territoriales, opérateurs, architectes et artisans.



La formation des acteurs du patrimoine
Les formations dispensées par l’Ecole d’Avignon intègrent toutes par définition, une démarche de développement durable dans les interventions en bâti ancien.
Elles développent, la notion de développement durable et ses implications techniques, économiques et juridiques dans le domaine de la réhabilitation.
Elles confrontent les principes du développement durable aux interventions sur le patrimoine bâti, en répertoriant les atouts et les contraintes de ces édifices, en proposant des méthodes et outils permettant d’intégrer au mieux les nouvelles exigences.

Les contenus de formation s’inscrivent dans une méthodologie d’enseignement axée sur :
La transmission d’une méthodologie d’observation des savoir-faire locaux (matériaux, enduits, décor).
La transmission des connaissances théoriques, culturelles et historiques du bâti, de l’évolution des styles et des décors.
La transmission dans la mise en œuvre des techniques traditionnelles et l’utilisation des matériaux dans le cadre de l’entretien du bâti et des pathologies associées.
Avec une centaine de stages par an, l’Ecole d’Avignon agit en formation de perfectionnement (stages courts, par sessions de 2 à 5 jours), en mobilité sur le territoire national et européen.
Ces formations de perfectionnement visent à adapter les professionnels aux spécificités du marché de la réhabilitation (matériaux, techniques, entretien/réparation) et à modifier leurs réflexes acquis à l’occasion de la pratique de la construction neuve. Elles sont généralement montées à la demande d’organisations professionnelles, consulaires ou par les opérateurs urbains :
1- Formations théoriques dans le cadre d’opération de prescription ou de sensibilisation pour la rédaction de cahiers des charges.
2- Formations pratiques dans le cadre d’opérations de suivi de chantier ou d’interventions en réhabilitation.

Etudes et expertises techniques
Vues par tous, bien collectif, les façades constituent un patrimoine architectural privé qu’il convient de réhabiliter de façon cohérente.
Les outils de valorisation patrimoniale permettent de recenser les modèles traditionnels de traitement des façades, en procédant par des prélèvements significatifs à réunissant les types d’enduits anciens, leurs finitions, leurs teintes, leurs décors, les matériaux utilisés, leurs menuiseries et leurs ferronneries.
L’Ecole d’Avignon crée des référentiels techniques (mallettes de ravalement, nuanciers, relevés, cahiers de recommandations techniques, publications, etc..) visant à sensibiliser les pétitionnaires dans leur choix et d’instaurer un dialogue qui permettra de les accompagner dans leur projet de réhabilitation.

Elle contient en parallèle des échantillons reformulés à partir des mêmes modèles bruts ou peints, avec des recettes pour leur confection, précisant les dosages en conseils de mise en œuvre.
La mallette est l’instrument unique qui fait le lien entre les acteurs de la campagne : l’élu, l’opérateur, l’architecte et l’entreprise. Ceci afin d’éviter l’écart entre la prescription sur papier et la réalité de chantier.
Projets internationaux
Depuis 1987, l’Ecole d’Avignon est engagée dans une démarche de partenariats européens pour créer des réseaux et des projets transnationaux. Dans la plupart de ces actions c’est en assurant la direction du projet qu’elle s’est positionnée, confrontant réflexions communes, connaissances et méthodes d’intervention. De la connaissance des différentes typologies architecturales et des processus de transformation, des arts de bâtir traditionnels, au montage de projets, de bibliographies thématiques et d’assistance pratique à la réhabilitation et à l’entretien, de méthodologie à la mise au point, l’Ecole d’Avignon agit au cœur des réseaux.

Publications
Écrire, publier sont une forme essentielle de la transmission des savoir-faire. Sa réflexion globale sur l’intervention sur le bâti ancien a conduit l’Ecole d’Avignon à la refonte du DTU traitant des enduits. Cette étape importante a permis de réintroduire dans les règles de l’art, les matériaux de la tradition.
De l’ouvrage technique de référence tel que « Techniques et pratiques de la chaux » (vendu à plus de 25000 exemplaires) au « Manuel de Réhabilitation de Jeddah », de l’ouvrage de la connaissance générale sur le patrimoine méditerranéen, « Architecture Traditionnelle Méditerranéenne » ou construit en terre « Terre Incognita », les publications de l’École d’Avignon font référence.
